Rosa Bonheur : le message d’espoir de Michelle Cassaro aux professionnels de la restauration et de la vie nocturne

En 2021, les professionnels de la restauration et de la nuit tentent de s’organiser face à la crise sanitaire et de continuer à se projeter. Discussion avec Michelle Cassaro, fondatrice et directrice générale des établissements festifs parisiens Rosa Bonheur. 

« Malgré toutes les difficultés générées par la crise sanitaire, il faut avancer », rationnalise la dirigeante des Rosa Bonheur. Comme de nombreux gérants d’établissements festifs, Michelle Cassaro se bat depuis plusieurs mois pour que ses établissements soient opérationnels et aux normes sanitaires lors de la future réouverture des bars et restaurants. Un retour attendu par l’ensemble de la profession.

En 2021, « il faut qu’on reste positif, c’est vital »

Une note d’espoir. « En 2021, un nouveau Rosa doit ouvrir ses portes au cœur du bois de Vincennes, au Chalet de la Porte Jaune. » Une aventure entamée avant le début de la crise sanitaire, dont la prise en concession a été récemment confirmée. « On est très heureux de voir que finalement tout ça se concrétise », exprime avec soulagement Michelle Cassaro. « Je veux dire à ceux qui portent les projets de la culture, de la restauration, de l’événementiel : ne baissez pas les bras. Je sais combien l’année qui vient de passer a été fatale pour beaucoup. Mais continuez d’avoir des projets, il faut qu’on reste positif, c’est vital. Nous les dirigeants, on doit garder la tête froide, et garder à l’esprit les fenêtres et possibilités de développement, ce qui est très compliqué actuellement car beaucoup ne se relèvent pas des effets de la crise sanitaire. Au Rosa Bonheur, on a la chance d'avoir une situation favorable ainsi que des associés qui nous soutiennent ce qui nous permettra de rouvrir. Malheureusement ce n'est pas le cas de tous », déplore la fondatrice.

Locomotive de nombreux salariés et modèle de réussite dans le milieu de la restauration et de la fête, Michelle Cassaro met un point d’honneur à montrer sa ténacité et son engagement malgré la situation actuelle. « Ça va être difficile, mais on va y arriver, il faut rester soudé. » Depuis le début de la crise sanitaire, les acteurs de la vie nocturne et festive française se rassemblent au sein de différents collectifs pour porter haut et fort les problématiques de la profession. Des assemblées générales, des syndicats, des initiatives solidaires et de soutien : autant d’actions qui démontrent les valeurs de solidarité du secteur.

2020, la crise sanitaire, puis le grand silence

Il y a onze mois, l’annonce du premier confinement tombe. Tous les bars et restaurants de France ferment pour tenter d’endiguer l’épidémie. « La crise sanitaire s’est répercutée instantanément sur notre activité. Notre chiffre d’affaires a pris un coup. On a rouvert nos portes dès que ça a été possible pendant l’été. On a essayé de s’adapter et de proposer un service à emporter mais on a vite arrêté lorsqu’on a compris que ce n’était pas viable financièrement », raconte Michelle Cassaro. Comme les autres restaurateurs et propriétaires de bars, la dirigeante se met en ordre de marche pour appliquer les mesures sanitaires : présence de gel hydroalcoolique, port du masque obligatoire et application des gestes barrières. « Tous ça a perturbé et réduit drastiquement nos activités. Ça a été très dur de s’adapter au jour le jour, de gérer les plannings de nos équipes, les stocks, alors qu’on ne savait pas de quoi allait être fait demain. »

« On a pu bénéficier de certaines aides de l’Etat et d’un Prêt Garantie par l’Etat, mais on ne sait pas où cela va nous mener. Ce prêt s’ajoute à la dette accumulée due à notre manque à gagner et beaucoup ne savent pas de quelle façon ils vont pouvoir remonter la pente financièrement », explique Michelle Cassaro. Le dispositif du chômage partiel a également été précieux pour continuer de rémunérer les employés du Rosa Bonheur, mais Michelle Cassaro précise que ce dispositif ne couvre pas l’ensemble des acteurs du milieu et notamment les auto-entrepreneurs. « Les artistes par exemple ne bossent plus, les DJs notamment. Ils sont déjà une population assez précaire et subissent la fermeture des lieux de plein fouet. » En plus du PGE et du chômage partiel, Michelle Cassaro a pu négocier avec la ville de Paris et les Ports de Paris le prix des loyers des établissements pendant les mois les plus difficiles. « La mairie est un interlocuteur compréhensif et on est dans une position favorable vis-à-vis d’autres lieux, car nos baux sont publics. Paris nous accompagne dans nos projets, ils comprennent ce qu’est la culture et ne la pensent pas uniquement en termes de rentabilité ».

L’ADN du Rosa Bonheur, un mélange de culture et de public

Avant Paris et les Rosa Bonheur, Michelle Cassaro est une fille de la mer et de la terre camarguaise. Bien connue dans le milieu évènementiel nocturne parisien, elle a toujours vécu de rencontres et de projets culturels. Elle débute sa carrière au cinéma, dans le sud de la France. Elle y rencontrera Pascal Caucheteux de Why Not Production, actuel président directeur général des Rosa Bonheur. En 1997, Michelle ouvre le Pulp, mythique club lesbien dans le Marais « pour permettre aux femmes de se retrouver dans un endroit qui leur est dédié », explique-t-elle. Une décennie de fête et de musique électronique plus tard, Rosa Bonheur fait son apparition aux Buttes-Chaumont. Lieux intergénérationnels et inclusifs, « le Rosa Bonheur est un mélange de genres et de gens ». Repère pour les communautés LGBTQ+, ils n’en restent pas moins ouverts à tout le monde : familles, touristes, jeunes et moins jeunes se bousculent pour venir profiter d’une atmosphère chaleureuse, de cocktails et de tapas. « Au Rosa, j’ai voulu retranscrire l’esprit de la terre de Camargue et rendre cette ambiance authentique, avec des inspirations espagnoles et guinguettes françaises ». L’atout des Rosa Bonheur ? Des espaces intérieurs et extérieurs au charme parisien. « Cet été, on mise sur le plein-air. On espère retrouver le parfum des soirées parisiennes… ».

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